Jésus, le Satyagrahi सत्याग्रह

Jésus, le Satyagrahi सत्याग्रह

Jésus, le Satyagrahi सत्याग्रह      

« étreinte de la vérité »                    

(satya = vérité, āgraha = saisie) est le principe de non-violence par la désobéissance civile qu’instaura Gandhi

Mahatma Gandhi (1869-1948) ne fut pas seulement l’homme politique qui fit sortir l’Inde de la colonisation et la conduisit à l’indépendance. Il fut également profondément religieux. Tout en étant hindou et en trouvant son inspiration dans la Bhagavad Gita, il avait élaboré une religion personnelle. Pour lui, la Vérité est Dieu. Le mot sanskrit qui signifie Vérité,Sat, signifie aussi « Etre ». Cette vérité ne peut se réaliser que progressivement, en étant fidèle aux petites vérités de la vie quotidienne. La manière d’atteindre cette vérité est l’ahimsa ou non-violence. Il faut être à même d’aimer la plus méchante des créatures comme soi-même. La non-violence n’est pas possible sans brahmacarya, c’est-à-dire sans maîtrise de soi et renonciation. La religion personnelle de Gandhi avait donc une composante éthique forte. C’est à partir de ce lieu qu’il considère toutes les religions, dont le christianisme.

Pour Gandhi, toutes les religions sont vraies, mais imparfaites. Toutes désignent une voie vers Dieu : “Je crois que toutes les grandes religions du monde sont vraies, plus ou moins. Je dis « plus ou moins », car je crois que tout ce que la main d’un homme touche devient imparfait du fait que les êtres humains sont eux-mêmes imparfaits ”

Etant donné son orientation éthique et son intérêt pour la non-violence, ce qui l’attire chez Jésus est son enseignement dans le Sermon sur la Montagne et son expérience sur la croix. Il a vu Jésus comme “un martyr“ une incarnation du sacrifice. La croix était le symbole du sacrifice par amour du Christ. 

                       

“La douce figure du Christ, si patient, si bon, si plein d’amour et de pardon qu’il a enseigné à ses disciples de ne pas répondre lorsqu’ils étaient abusés ou frappés, mais de tendre l’autre joue : quel bel exemple de l’homme parfait “  

Bien que je ne puisse pas me dire chrétien par appartenance religieuse, l’exemple donné par la souffrance de Jésus est un des fondements de ma foi en la non-violence ; il oriente toutes mes actions dans ce monde et ce temps. Jésus a vécu et est mort en vain s’il ne nous a pas appris à régler toute notre vie sur la Loi éternelle de l’Amour ”  Ibid., p. 79..

La croix et le Sermon sur la Montagne sont ainsi devenus des symboles d’un chemin à suivre, d’une façon de vivre. Gandhi estime à tel point leur validité, toujours et partout, que l’historicité du Christ lui importe peu :
Je ne me ferais pas de souci si quelqu’un apportait la preuve qu’un homme appelé Jésus n’a jamais existé… car le Sermon sur la Montagne demeurerait vrai pour moi “ Ibid., p. 35..

Dieu n’a pas seulement porté la Croix il y a mille neuf cents ans, Il la porte aujourd’hui, et il meurt et ressuscite jour après jour. Ce serait un piètre réconfort pour le monde s’il lui fallait s’appuyer sur un Dieu « historique » mort il y a deux mille ans. Ne prêchez pas le Dieu de l’histoire, mais montrez-le tel qu’il vit aujourd’hui en vous… Le Christ vivant signifie une Croix vivante, sans elle la vie est une mort vivante ”  Ibid., p. 21, 36..

La joie ne vient pas de la douleur que l’on inflige aux autres, mais de la douleur que l’on porte soi-même volontairement ” Young India, 31 décembre 1931. Cité dans S. J. Samartha,….

En considérant le Christ comme un symbole et en se désintéressant de son aspect historique, Gandhi ne pouvait accepter l’unicité du Christ comme Fils de Dieu :
C’était trop pour moi de croire que Jésus serait le seul Fils incarné de Dieu… Si Dieu pouvait avoir des fils, nous serions tous ses fils… Seul Dieu est la perfection absolue. Lorsqu’il descend sur terre, Lui, de sa propre volonté, Il se limite lui-même. Jésus est mort sur la Croix à cause des limites de la chair ”  Gandhi, The Message of Jesus Christ/

L’hommage que rend Gandhi, dans sa maturité, à Jésus est le suivant :

Je refuse de croire qu’il existe une personne aujourd’hui, ou qu’il aurait existé à d’autres époques une personne qui n’ait utilisé son exemple pour diminuer ses péchés… Les vies de chacun d’entre nous tous ont toutes été, à des degrés divers, modifiées par sa présence, ses actions et les paroles prononcées par sa voix divine..  Il n’appartient pas seulement à la chrétienté mais au monde entier, à toutes les races et tous les peuples, même si leurs doctrines et leurs pratiques peuvent être différentes les unes des autres ” The Modern Review, octobre 1941. Cité par S. J. Samartha.

                                                         

Article proposé par Brigit.    

  


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