Le maître spirituel et la lignée

Le maître spirituel et la lignée

Krishnamacharya, un des grands maîtres spirituels du XXème siècle avec Swami Sivananda, Swami Ramdas et Sri Aurobindo, et gourou notamment de Iyengar et Pattabi Joïs, fondateur de l’Ashtanga yoga, commençait toutes ses journées (à 3h du matin !) en posant les sandales de son gourou au-dessus de sa tête, en signe d’humilité et de respect pour son maître.

Krishnamacharya

Swami Vishnudevananda, fondateur des centres de yoga Sivananda, qui existent dans le monde entier maintenant, disait que tout ce qu’il avait pu accomplir c’était grâce à son gourou, Swami Sivananda, qui l’avait envoyé en Occident pour répandre le yoga et que lui-même n’avait « rien fait » (sic !).

Swami Sivananda

La révérence des Indiens pour les gourous a toujours perturbé les Occidentaux, la méfiance s’est trouvée confortée par les excès de beaucoup de faux gourous (les « faux prophètes ») qui n’ont pas manqué de profiter de la crédulité et faiblesse de certains à des fins mercantiles ou criminelles.

Les « vrais » gourous sont le fondement de la pratique spirituelle indienne.

Le bon sens veut qu’une personne qui enseigne une science ou un art maîtrise son sujet. Or les maîtres yogis ayant atteint le Samadhi sont rares. Aussi faut-il faire une distinction entre les enseignants qui maîtrisent les bases de l’enseignement des asanas (postures), pranayama (respiration) et pratyahara (retrait des sens) et ceux qui maîtrisent aussi dharana (concentration), dhyana (méditation) et samadhi (réalisation).

Le premier est un technicien qui enseigne comme un universitaire quelque chose d’intellectuel. La pratique qu’il enseigne est limitée aux parties physiques du yoga (asanas, pranayama, pratyara) et peut être un grand soulagement pour les personnes stressées ou en mal de vivre, même si le but spirituel est exclu. C’est le courant du yoga « occidental » davantage gymnastique douce que science spirituelle. C’est une amputation importante de l’essentiel mais sans conséquence si on s’en tient à seulement rechercher un bien-être et une détente nerveuse, même si tout cela est fugace et doit se renouveler assez souvent. IL faut faire attention cependant au pranayama qui peut avoir des effets énergétiques très puissants et parfois incontrôlables.

Le deuxième est réellement un gourou qui incarne le yoga car il est un être réalisé car il maîtrise les trois derniers aspects du yoga : dharana (concentration), dhyana (méditation), samadhi (réalisation). Ce qu’il transmet c’est l’énergie, la « Shakti ». C’est par sa seule présence qu’il enseigne : c’est le « Darshan » (vision) d’Amma ou de Ramana Maharishi.

Littéralement, « gourou » signifie « lourd » selon les Védas. C’est donc quelque chose ou quelqu’un qui a du poids. Le sens second qui lui est associé est « guide ». Le gourou n’est pas forcément un être humain : la Vie est le plus grand des gourous par les leçons qu’elle nous dispense. Un gourou, ce peut être : les Dieux, les êtres désincarnés, les êtres vivants, les événements et les choses. Dans l’esprit des Védas, tout ce qui aide est gourou.

On dit que « quand l’élève est prêt, le maître apparaît ». Le signe infaillible pour le disciple face à celui qui sera son gourou est une attraction magnétique immédiate qui n’autorise aucun doute sur la personne. On dit que les deux se reconnaissent : c’est la « révélation ».

Mais la recherche d’un maître peut être longue et difficile. Car faire face à son gourou, c’est être préparé à affronter une « violence » de discernement que ne supportent pas les réactions émotionnelles rassurantes de l’homme moyen

A chaque aspirant correspond un type de gourou : quelqu’un de très émotionnel sera désorienté par l’approche intellectuelle de Krishnamurti, par exemple, et se tournera plutôt vers un maître de bhakti (dévotionnel).

Il y a le Sad-gourou ou gourou principal, mais la tradition autorise aussi avoir d’autres gourous : les Upa- gourous qui peuvent apporter un enseignement complémentaire à un moment ou un autre, ouvrir une porte ou donner un enseignement particulier.

Le premier rôle du gourou vis-à-vis de l’élève est de répondre à ses questions, orienter ses recherches, lever ses doutes, le cultiver par des textes…

Le second rôle du gourou est de donner la force nécessaire et utile à l’élève ; ce n’est pas une vue de l’esprit, mais réellement la transmission de la « shakti ».

Enfin, il transmet la vision divine et transcendante. « Il est le canal par lequel coule vers nous le courant spirituel ».

Dans la relation de maître à élève, vient le moment sacré où le gourou donne à l’élève l’initiation à un mantra personnel et souvent un nom spirituel. Alors, l’élève est relié au gourou dans la lignée à laquelle le gourou lui-même appartient. L’élève respecte alors infiniment son gourou et le gourou est responsable de son élève. L’élève apprend l’humilité en le plaçant toujours au-dessus de lui, comme son gourou l’avait fait avec son propre maître.

Suivant la tradition, les disciples vivent autour de leur gourou dans une résidence collective, l’ « ashram », lieu imprégné de l’énergie du gourou. Ce peut être aussi un « égrégore » quand le maître ne vit pas avec ses élèves mais entretient un lien avec eux. Ou bien un ashram mobile quand le maître est itinérant, ou désincarné si le maître est un Dieu.

Tous ceux qui sont venus à l’APMA dans la salle du Barcarès ont ressenti cette énergie. C’est pourquoi nous rendons hommage à notre maître Swami Yoga Anand – Swamiji – et poursuivons le chemin du yoga – et de l’ayurvéda – grâce à son aide spirituelle.

Hélène Marie Janaki

Cours de yoga de Swamiji à l’Apma International – Le Barcarès


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