Les mantras

Les mantras

Les effets tangibles du son sont connus de tous : le son aigu d’un violon peut casser du verre et nous nous sentons différents en écoutant du rock, qui énerve et électrise, ou une musique douce, qui apaise.

La tradition indienne veut que l’on commence toutes les activités d’enseignement par un chant de mantra : OM est chanté au début des séances d’apprentissage du massage, avant un cours de yoga. Les Tibétains font quant à eux résonner leurs fameux « bols », aux résonances profondes et infinies. Le Maître vietnamien Thich Nhat Hanh, à la Mutualité fait précéder ses conférences de chants et du son de ces bols, obtenant ainsi la tranquillité et l’attention de son auditoire. Les Chrétiens ont aussi depuis toujours utilisé les vibrations des cloches pour rassembler les fidèles.

Bol Chantant de Méditation Tibétain   Bol tibétain

Le chant de mantras date de la nuit des temps. Un mantra est de l’énergie enchâssée dans une structure sonore. Le mot vient des racines « man » (mental) et « tra » (outil). C’est une formule mentale consistant dans une ou plusieurs syllabes disposées selon un certain ordre, et répétées dans le but d’obtenir certains effets. La répétition des mantras (Japa) crée un schéma spécifique de pensée : l’énergie se manifeste concrètement. Les mantras sont plus connus comme une aide à la méditation où ils sont répétés intérieurement dans le but d’atteindre la paix intérieure, l’illumination, voire la libération. Mais ils peuvent aussi avoir d’autres buts, comme les mantras de guérison par exemple.

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   Alphabet sanscrit

Comment « marchent » les mantras ? Il faut retourner à la création du monde : « Au commencement était le Verbe… ». L’origine du monde, le « Big Bang », est un son, donc une vibration, exprimé par la parole ou la musique. On dit que les mantras ont été « révélés » aux Rishis, les anciens Sages de l’Inde, grâce au sanscrit, la « langue des Dieux », une langue qui traduit l’essence même des choses : elle est faite de sons racines, qui sont les vibrations émanant de l’objet ou de l’action auquel ils se rapportent ; par exemple dans toutes les langues pour dire Maman, le son de base est « Ma », ou ses dérivés. Lorsque on répète les mantras, on est en communication avec l’essence même des choses.

Le chant de mantras, c’est en quelque sorte le yoga des émotions. Les émotions négatives ont un effet immédiat sur le corps physique (on est vert de rage, rouge de honte, etc.) et les émotions positives également (on pleure de joie, etc.). Lorsque nous chantons des mantras (chant que l’on appelle « kirtan » en Inde), le corps émotionnel est « nettoyé » par la vibration du son des mantras. Le mantra « OM » est une inspiration suivie d’une longue expiration accompagnée de vibrations sur le « m » final, qui se répercutent dans les sinus, la tête et tout l’organisme, réalisant un « massage » des organes internes et de tout le corps subtil.

Certaines formules sont monosyllabiques. Ce sont les Bija mantras, ou semences verbales : à chaque chakra est associé un Bija mantra dont la répétition le stimule. Plusieurs syllabes germes peuvent aussi entrer dans la composition d’un mantra.

Pour méditer, en concentrant l’esprit sur Ajna chakra (point entre les sourcils) ou Anahata chakra (le cœur), assis dans une posture stable, on peut répéter mentalement : OM à l’inspiration, puis OM à l’expiration, ou tout autre mantra. Les effets apaisants se feront sentir rapidement. Toutefois, l’initiation au mantra par un Maître donnera tout son pouvoir au mantra et le rendra « vivant ». En effet, tout mantra comporte à la fois un sens ésotérique et une signification exotérique et le Maître, qui en a tiré les fruits, transmettra la puissance du mantra au disciple.

Une question souvent posée : doit-on garder le secret sur les mantras de méditation ? Tout dépend du mantra : normalement, dans la tradition, certains mantras étaient réservés aux Brahmanes (comme le Gayatri), d’autres aux autres castes. D’autres mantras sont destinés à tous et ne nécessitent pas le secret , comme les mantras de déités : Om Namah Shivaya (mantra de Shiva), Om Namo Narayanaya (mantra de Vishnu), Om Sri Ramaya Namaha (mantra de Rama), récités dans un esprit de dévotion.  Le secret concerne le mantra « personnel » donné dans certaines traditions, unique pour chaque disciple, qui fait « corps » avec lui et par lequel, dit-on, le disciple pourrait être manipulé si d’autres personnes que son Maître ou lui-même répétaient le mantra.

Le « mantra des mantras » est le Gayatri mantra, qui possède un rythme spécial : Om Bhur Bhuvah Svah, Tat Savitur Varenyam, Bhargo Devasya Dhimahi, Dhiyo Yonah Prachodayat. A l’origine réservé aux Brahmanes, le Gayatri mantra est le mantra le plus ancien. Jusqu’au début du 20ème siècle, le Gayatri Mantra a été uniquement psalmodié à l’intérieur, dans le silence du cœur. Aujourd’hui, certains centres spirituels en Inde, comme Shantikunj dans l’Himalaya, se consacrent principalement à la répétition de ce mantra. Le Gayatri mantra est complètement impersonnel par nature. Sa fréquence exacte imprègne l’ignorance dans son sens le plus large, la transforme en lumière, puis rejoint à nouveau la conscience, œuvrant ainsi pour une purification universelle.

C’est une méditation après l’invocation  du monde physique (Bhur), subtil (Bhuva) et spitituel (Svah) :

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Dans le bouddisme, le plus célèbre mantra est : Om Ma Ni Padmé Houng, le mantra du Bouddha de la compassion, « Tchenrezi ».

Ceux qui, pour méditer, pour se calmer, pour retrouver le « moral », ont essayé la répétition ou le chant de mantras, sont toujours étonnés de la paix et du bien-être qu’ils ont trouvés à la clef de cette pratique…

Hélène MARIE

 


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